Catherine Simard : Liberté et retour aux sources

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Catherine Simard : Liberté et retour aux sources

Par Katia Curadeau

6 Septembre 2016

À mes yeux, une « Dame de cœur » est une femme inspirante. C’est celle qui a le cœur sur la main et du cœur au ventre. Celle qui se démarque des autres, tant par ses actions que par sa personnalité. Ce mois-ci, faites la connaissance de Catherine Simard, ancienne styliste et mannequin, qui nous parle de son nouveau chemin de vie :

 

Il y a quelques années, vous étiez grandement réputée dans le domaine de la mode, pourquoi avez-vous quitté le domaine?

 J’ai débuté ma carrière de mannequin à l’âge de 16 ans et celle de styliste à 20 ans, j’ai donc baigné dans le milieu un bon bout de temps. Dès mes débuts, j’ai entretenu une relation amour-haine avec ces deux métiers qui me permettaient une grande créativité mais qui étaient également extrêmement stressants et difficiles psychologiquement. Pour bien réussir dans ce milieu, il faut se « vendre », aller chercher les contrats, entretenir les relations avec les clients, les boutiques, participer à des 5 à 7 et soirées pour faire connaitre son travail, acheter et retourner une quantité innombrable de vêtements, avoir toujours plus de contacts… Tout ça n’a jamais été mon truc. Ce que j’aimais, c’était être en « shoot », et voir le résultat final des photos, mais en fin de compte cela n’était qu’une petite partie du travail.

Puis, il y a deux ans, je me suis réveillée un matin, et je me suis dit que j’en avais assez. Je n’éprouvais plus aucun plaisir à exercer ces deux métiers. J’avais envie de liberté, de lâcher prise et d’une vie sans stress, sans préoccupations par rapport à mon apparence ou à mon style. J’avais besoin de vivre du « vrai » et de retourner aux sources. Dans la vie, je me laisse énormément guider par mon intuition. Lorsque j’ai le sentiment que je dois faire quelque chose, je le fais, peu importe ce que ça implique ou ce que les autres en pensent.

 Et donc, à l’intérieur d’un mois j’ai cédé mon bail, tout vendu, acheté mon visa australien, acheté un billet d’avion allé-simple et quitté le Québec avec Alexis, mon nouveau copain avec qui j’étais depuis seulement un mois. J’avais un sentiment irrépressible que je devais créer une coupure avec ma vie actuelle pour pouvoir me recentrer et redécouvrir qui j’étais réellement.

Quels sont les meilleurs moments de vos derniers voyages ?

Un significatif pour moi a été la randonnée de Tongariro en Nouvelle-Zélande. C’était la première fois depuis très longtemps que j’arrivais à éprouver réellement un sentiment de liberté et de lâcher-prise. C’est également à ce moment que j’ai découvert mon amour pour les randonnées.

Gravir une montagne laisse deux choix : atteindre le sommet, ou faire demi-tour. Lorsque l’ascension devient très ardue, notre mental est mis à l’épreuve. Cela nous oblige à aller puiser nos dernières forces et à nous surpasser afin d’attendre le sommet, et c’est à chaque fois une leçon de vie. Arriver au sommet donne un immense sentiment d’accomplissement, et ce sentiment, j’y suis devenue accro.

 Après avoir voyagé à Hawaii, en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Indonésie, je peux affirmer que l’Ouest canadien a été mon coup de cœur. Arrivée seule en Alberta, je me suis loué une voiture et j’ai pris la route en direction des Rocheuses. Pendant trois semaines, j’ai dormi dans ma voiture, chassé les levers et couchers de soleil, gravi des montagnes aux sommets enneigés, découvert des glaciers et lacs sans noms, traversé des rivières avec de l’eau jusqu’à la taille, campé sous des orages qui se sont transformés en tempêtes de neige, escaladé des parois rocheuses sans cordes…

 J’ai découvert une véritable communauté de « scrambling » ou randonnée hors piste, à travers laquelle je me suis fait plusieurs amis, tout comme moi passionnés et amoureux des montagnes et de la photographie. C’étais première fois que je me sentais complètement moi-même et vraiment à ma place. Aujourd’hui je réalise que ces jours ont été les plus beaux de ma vie.

Quels sont vos projets futurs?

J’en ai tellement. J’ai une liste qui s’allonge tous les jours. Mais d’abord, j’aimerais me perfectionner en photographie, plus particulièrement de paysages et de plein air. Mon but serait par la suite de travailler en partenariat avec des agences de tourisme à travers le monde. Je voudrais également avoir un blogue de voyage afin de partager mes pensées, mes expéditions en montagnes et inspirer ceux et celles qui, tout comme moi, ont envie de changer d’air. Enfin, j’aimerais continuer de développer ma page Instagram, @mydetoxtravel, que j’utilise présentement pour partager mes photos de voyages et mes réflexions sur la vie. Pour le reste je ne vous en dit pas plus, je vous garde la surprise. 

 

Selon vous, de nos jours, qu’est-ce qu’une femme accomplie ?

 Pour répondre à « de nos jours », je ne pourrais pas dire, la définition d’une femme accomplie diffère tellement d’un pays à l’autre et même d’une ville à l’autre. Mais pour moi, c’est une femme équilibrée qui sait qui elle est et qui ne se soucie pas de ce que les autres pensent d’elle. Elle est toujours authentique, ouverte d’esprit et ne porte jamais de jugement sur les autres. Elle sait s’ouvrir sur  le monde, elle guide et inspire, elle poursuit ses rêves et prend les moyens pour les réaliser. Bref, elle est la meilleure version d’elle-même.

Nommez une femme inspirante, qui est une « dame de cœur » à vos yeux…

Ma maman. Partant des sciences biomédicales aspirant à devenir médecin, laissant tout tomber du jour au lendemain (comportement typique de moi-même), déménageant à Montréal pour étudier et travailler en mode, voulant faire ma vie à New York et travailler avec les plus grands noms du milieu, laissant tout tomber subitement pour une deuxième fois et quittant le Québec un mois plus tard pour entreprendre un voyage qui dura deux ans… Je sais que mon parcours lui fit vivre énormément d’inquiétudes, de questionnements, et d’incompréhension.

 Malgré tout et à chaque fois, elle a respecté mes choix, elle m’a supportée et guidée du mieux qu’elle le pouvait, elle s’est intéressée à mes nouvelles passions, mes nouveaux projets et elle a compris mon indépendance et mes comportements parfois extrêmes. Mais le plus extraordinaire dans tout cela, c’est qu’elle m’a toujours encouragée à voyager et à faire des activités en nature. C’est comme si durant toutes ces années de changements, de hauts et de bas, elle avait su, avant que moi-même le sache, qui j’étais réellement.

 

 

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