Entrevue avec Dan Bigras

Entrevue avec Dan Bigras

Par Maude B. Laverdière

12 Mai 2014

Après une grande période d’absence sur scène, le rockeur québécois est de retour avec un tout nouvel album. Dan Bigras est heureux et en grande forme, cela se reflète dans ses nouvelles compositions qu’il nous présentera lors de son passage au Capitole le 31 mai prochain.  



Comment S’est passé votre retour sur scène lors du lancement de l’album Sans visage?
Un peu au-delà de mes attentes. Quand tu passes trois ans seul avec tes chansons, tu es dans un monde un peu schizophrène. J’ai une violoniste, mais tous les autres instruments je les joue moi-même, ce qui fait que je passais 95% de mon temps seul, enfermé dans mon studio. Alors, quand j’ai vu les gens se lever trois fois pour applaudir mes nouvelles « tounes », ça me dit que tout cela est bien réel.

Votre nouvel album est très différent des anciens; à quoi est dû ce tournant dans votre vie?
C’est un résumé de mes dernières années, c’est toujours comme ça l’écriture. Le déclencheur a été il y a 5 ans quand j’ai accroché sur une phrase de Félix Leclerc: « Une chanson ne doit pas juste être belle le soir, elle doit l’être le matin et le midi. »  Quand j’étais petit, je n’avais pas le bonheur naturel, il a fallu que je le « gosse ». Je suis rendu plus vieux et plus heureux qu’hier. Cela me permet de lâcher prise. Je me suis laissé aller à tout ce que j’entendais et ce que j’aimais. Si je peux faire des belles affaires avec des choses qui sont laides en dedans et que cela aide les gens, tant mieux.

Pourrait-on dire que c’est l’album que vous avez eu le plus de plaisir à réaliser?
Il y a eu un gros changement sur cet album, peut-être parce que j’ai pris plus mon temps. Ma vie est beaucoup plus simple maintenant. Les batailles de coqs je ne les mène plus, seulement les gros combats dans lesquels je pense pouvoir apporter quelque chose de positif. J’ai fait des albums dans le sang en cinq semaines, à dormir sous ma console et à vomir ma vie. Ça ne m’intéresse plus. Si ça faisait des meilleures tounes, ok, mais ce n’est pas le cas. On pourrait dire qu’il s’agissait plus d’une histoire de cul et maintenant c’est de l’amour que je vis.

Vous êtes très présent sur les réseaux sociaux; qu’est-ce que vous aimez de cette forme de communication?
Je suis habitué à des formes de communication et d’amour différentes. La Poune disait : « J’aime mon public, mon public m’aime. » C’est vrai! Ce n’est pas l’amour de ma famille, de mon fils ou de ma blonde, c’est l’amour d’une gang réunie et il se passe quelque chose pendant qu’on est ensemble. Ce n’est pas à traiter comme quelque chose de léger, car c’est inhabituel de s’adresser à des milliers de personnes en même temps. Au travers cela, j’ai découvert plusieurs choses, des bonnes comme des mauvaises. On peut critiquer, mais je crois que c’est plus à apprivoiser.

Qu’est-ce qui a changé le plus depuis vos débuts sur scène?
Il y a une intensité qui est toujours là. Il y a 19 ans, le taux d’alcool dans mon sang était plus élevé, maintenant je vis la scène avec de vraies émotions. Je peux jouer à la télé ou faire des films, mais l’endroit où je suis le plus heureux, sauf quand je suis avec mon fils, c’est sur scène. Même quand j’écris une scène de film, c’est parce que j’ai une mélodie dans la tête qui exprime une émotion particulière. Tout part de là et, présentement, c’est là où je me trouve, alors tu ne trouveras pas grand monde de plus heureux que moi.

www.danbigras.com

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