Jean-François Lapointe, un baryton sympathique

Jean-François Lapointe, un baryton sympathique

Par qcscope_blog

7 Octobre 2011

Reconnu à travers le monde et faisant carrière depuis près de trente ans dans le milieu de l’opéra, Jean-François Lapointe nous transmet sa passion pour cet art et la rend moins menaçante aux yeux des novices.
Entrevue avec un homme à la voix grave et au charisme indiscutable.
Québec Scope:

Comment un petit garçon d’Hébertville devient un chanteur d’opéra sur la scène internationale?

Jean-François Lapointe:

C’est une suite de circonstances qui m’a amené vers l’opéra. Mon père était un chanteur amateur et nous chantions à la maison, dans des chorales, puis à neuf ans, j’entrais au conservatoire de Chicoutimi où j’ai étudié le piano pendant 13 ans et aussi le violon. C’est à l’âge de 15 ans que j’ai commencé des études en chant.

J’ai obtenu une maîtrise en chant à l’Université Laval et j’ai également pris des cours particuliers en Californie. C’est un concours international gagné à Paris à 22 ans qui m’a ouvert les portes et permis de faire des auditions et d’avoir mon premier rôle dans l’opérette l’Auberge du Cheval Blanc, à l’Opéra de Dijon, en 1989.

QS:

Pour les gens comme moi qui s’y connaissent moins, pouvez-vous expliquer la différence entre l’opérette et l’opéra?

JFL

En fait, les genres ne sont pas si cloisonnés. Que ce soit l’opéra, l’opérette, la comédie musicale, ce sont toutes des histoires racontées par le chant. La principale différence entre l’opéra et l’opérette, c’est que dans cette dernière, il y a alternance entre textes chantés et parlés, mais ce n’est pas toujours vrai. L’opérette traite souvent de sujets plus légers et est plus comique tandis que l’opéra est plus dramatique, mais là encore, il y a des opéras plutôt comiques.

QS:

Comment apprenez-vous les pièces? Parlez-vous les langues dans lesquelles vous chantez? Avez-vous un interprète pour vous aider avec la prononciation?

JFL

J’ai étudié l’italien et l’allemand à l’université. Je ne parle pas ces langues aussi bien que le français, mais je les connais.

Par contre, je ne parle pas le russe et, pour relever le défi de jouer Eugène Onéguine de Tchaïkovski, j’ai travaillé avec un coach. J’ai collaboré avec un professeur de l’Université Laval. Comme je ne suis pas souvent à Québec à cause de mes engagements, les nouvelles technologies nous ont beaucoup aidés. Nous avons communiqué avec Skype. En premier, j’ai appris la prononciation et nous avons traduit le texte pour que je puisse jouer le rôle, puis je lui récitais le texte, ensuite je lui chantais pour qu’elle puisse corriger la prononciation.

QS:

Vous allez justement jouer en octobre, à l’Opéra de Québec, Eugène Onéguine de Tchaïkovski. Vous aviez dit en 2007 que si tout se déroulait selon vos vœux, vous pourriez vous lancer dans cet opéra avec sérénité, qu’est-ce que vous vouliez dire?

JFL

Je savais que ce rôle était pour moi. Dans une carrière, il y a des rôles qui nous conviennent mieux à cause de notre voix, notre physique ou de notre caractère. Par contre, il y avait un inconvénient majeur, l’opéra était en russe. Avant de me lancer dans l’aventure, j’ai voulu un test. J’ai joué dans un opéra russe plus court et, comme l’expérience a été concluante, j’ai su que je pouvais m’engager à jouer Eugène Onéguine. Lorsque le directeur de l’Opéra de Québec m’a proposé le rôle, j’étais d’autant plus content de jouer pour la première fois dans ma ville.

QS:

Est-ce que vous diriez que l’opéra est accessible pour tous? Si vous aviez à me convaincre d’aller à l’opéra quel serait votre argument?

JFL

L’opéra est très certainement accessible à tous, avec un minimum de préparation pour pouvoir mieux apprécier le spectacle. Quand vous partez en voyage, vous allez probablement lire un livre sur le pays que vous désirez visiter et consulter Internet. Je dirais qu’avant de venir à l’opéra, vous devriez connaître l’histoire et écouter l’opéra sur disque. Une fois dans la salle, vous pourrez vous laisser gagner par l’atmosphère.

Mon argument serait de dire que maintenant, les opéras chantés dans une autre langue sont surtitrés et que c’est donc plus facile de suivre l’histoire.

Avec sa voix grave de baryton, son enthousiasme et sa simplicité, Jean-François Lapointe m’a convaincue d’assister à l’opéra, sans avoir besoin de sortir robe à paillettes, talon aiguille et manteau de fourrure. Et vous?

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