Splash : Entrevue avec Phelipe Soldevila Dinan

Splash : Entrevue avec Phelipe Soldevila Dinan

Par Katia Curadeau

18 Août 2015

Phelipe Soldevila Dinan est un artiste dont le nom est associé à plusieurs œuvres d’art marquantes de Québec. Sa dernière création consiste à convertir les murs délogés du cinéma Charest en chef-d’œuvre contemporain. Entrevue accordée entre deux coups de pinceaux :

Le Projet de la muraille Charest est d’une envergure impressionnante et tu ne reçois aucune rémunération. Pourquoi ?

Je ne sais pas, sûrement parce que je suis fou ! Tout le monde maitrise un talent quelconque et ça, c’est le mien. Beaucoup de gens ont des rapports particuliers à l’argent. On se demande pourquoi travailler si on n’est pas payé mais ça, c’est ma manière de m’impliquer dans ma communauté. Je pense que c’est un travail qui va égayer la collectivité. Je le fais aussi pour que les gens « trippent » en regardant le mur et puissent vibrer sur la même longueur d’onde que moi. Il y a aussi des gens qui se manifestent et qui s’impliquent dans le projet, qui devient quelque chose de commun. Chaque jour, le projet se définit et se remplit. Énormément de gens demandent ce que la muraille représente mais je n’aime pas répondre à cette question. Je veux que les gens puissent venir ici et en tirer leur propre interprétation. C’est plein de détails, c’est une grosse bulle d’air, un éclat de folie.

 Tu es le fondateur de l’évènement Canadian Bacon, un rassemblement collectif d’artistes et de leurs œuvres qui prend de plus en plus d’ampleur. Quels sont tes objectifs pour la prochaine édition ?

Le dernier Canadian Bacon, qui a eu lieu à Montréal, a été la meilleure édition. Malgré le taux de participation moins élevé qu’à Québec, 700 personnes se sont quand même présentées, ce qui est considérable pour une première exposition à Montréal. Mon objectif est de trouver un local qui rendrait honneur aux artistes. Ce qui m’inquiète c’est la taille de l’emplacement, car l’évènement grossit de plus en plus. Alors la question que je me pose : Où puis-je amener toute cette énergie, la canaliser pour exploiter son plein potentiel? On est à la recherche d’une société immobilière mécène qui dispose de plus de 6000 pieds carrés à nous louer.

Tu possèdes un bagage académique impressionnant au niveau des arts. Étudier en art est-il un atout pour réussir ?

 Ce n’est pas nécessaire.  L’étude permet d’explorer d’autres visions, mais c’est aussi très méthodologique et l’art c’est du senti, ça vient de soi. Toute l’énergie que je mettais à rédiger des papiers ne m’a jamais mené aussi loin que l’évènement Canadian Bacon.

Imaginons que tu puisses créer une oeuvre de ton choix, sans limite de budget ni contraintes. Quel serait ton projet de rêve à Québec?

Si j’avais carte blanche ? Ce serait de créer un complexe artistique qui bouge tout le temps et se renouvelle constamment. L’espace 400e me fait rêver, je pourrais y élaborer une exposition collective impressionnante.

 

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