À voir: Disparaitre ici

À voir: Disparaitre ici

Par Maude B. Laverdière

2 Mars 2015

Fouiller. Décortiquer. Nous approprier. Sombrer dans l’œuvre de Bret Easton Ellis. Probablement le plus noir, le plus lucide, le plus pessimiste des auteurs contemporains américains. Son œuvre est fabriquée de la même matière qui se distille d’un roman à l’autre, les personnages passent et repassent, continuent à étendre l’insignifiance de leur vie à travers les histoires de leur auteur. Les mêmes thèmes reviennent, les mêmes motifs, hypnotiques. Des moteurs incroyablement puissants grondent au cœur de cette œuvre dangereuse. Critique ultime de l’Amérique.

Conscientes du péril qui les attend, mais attirées comme des mouches par le feu, mues par leur désir d’autodestruction générationnel, les compagnies tectoniK_ et Les Écornifleuses ont décidé de se perdre dans l’oeuvre de Bret Easton Ellis. Probablement le plus noir, le plus lucide, le plus pessimiste des auteurs contemporains américains.
Les interprètes éclateront les codes, seront autofictifs, performatifs, témoins, choeurs, dialogues, cris, reflets, metteurs en scène sur scène. Happés par la frénésie, la fiction, la fatigue, l’angoisse, la vacuité de notre monde, ils disparaîtront ici.

La pièce sera présentée du 10 au 28 mars 2015
mardi, mercredi à 19 h / jeudi, vendredi, samedi à 20 h
16 ans et +, public averti

Billetterie: theatreperiscope.qc.ca

Synopsis

Ils ont peut-être trente ans.
Ils sont dix, ils sont beaux, égocentriques, noyés dans le tourbillon social et le divertissement sous toutes ses formes. Les plaisirs sont immédiats, abondants, accessibles.
Ils ont absolument tout pour être heureux.
Ils sont, terriblement, à notre image.
Ensemble, ils s’aiment, s’envient, se trahissent, s’entre-dévorent. Les relations se font et se défont. Ils se lassent, cherchent du nouveau ailleurs, et encore, et ainsi de suite.
Mondains et excessifs, ils cherchent à exister d’une soirée à l’autre, d’un excès à l’autre. Mais l’ennui gagne du terrain. L’engourdissement collectif a commencé. Submergés par leur narcissisme et leur ambition, ils en perdent toute empathie. Ainsi désensibilisés, ils se réfugient dans les sensations fortes pour s’extirper du vide, ressentir à nouveau quelque chose d'humain. Ils luttent pour ne pas disparaître complètement dans l’animalité et la violence.
Mais elle est partout, cette violence. Dans leurs mots, dans leurs gestes, sur les écrans, dans tout ce qu’ils consomment au quotidien, qu’il s’agisse d’individus ou d’objets. Prisonniers de ce vortex, leur réalité se distortionne et, insidieusement, les contours du bien et du mal deviennent flous.
Dans ce maelström, les mystérieux textos se succèdent, les photos compromettantes s’additionnent, la tension monte. Quelqu’un disparaît, mais peut-être pas. Les soupçons augmentent, les disparitions s’accumulent. Le réel et le fictif se fondent l’un dans l’autre.
Un snuff movie (vidéo pornographique où quelqu’un est torturé et tué, filmée de manière très réaliste, misant sur le doute suscité quant à la véracité du meurtre) brouille définitivement les cartes. Une telle vidéo est toujours difficile à obtenir et extrêmement coûteuse, tandis que celle qu’ils reçoivent devient virale. Qui est cette femme bâillonnée sur la vidéo? Pourquoi semble-t-elle aussi familière? Qui sont ces gens qui la torturent? Est-ce nous? Le cauchemar s’épaissit. La paranoïa s’empare du groupe.
L’amitié s’effrite, les couples éclatent, la réalité devient insaisissable. Même les représentants de l’ordre ne sont plus dignes de confiance.
Ils basculent, et leurs pensées défilent devant nous, sans censure; orgie de mots, de haine, d’insécurités, de désirs, de vérités, de peurs, ponctuée d’éclairs d’une lucidité troublante. Ils sont nous. Ils exposent nos réflexions les plus intimes, en rafale, et construisent un labyrinthe intérieur qui est le même que celui dans lequel nous sommes tous égarés. Ils donnent leur vie en spectacle. Les tableaux se succèdent, éclatants, débridés, follement divertissants. Ils font tout pour nous séduire, pour être les héros de leur vie en perte de sens. Pour être aimés.
À cette époque de la glorification du soi, qui peut nous sauver quand chacun est à la fois psychopathe et victime?
Le vague souvenir d’un avant .
Source: Marie-Ève Charlebois, Communications Sira ba

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Qui est Bret Easton Ellis?

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